La clause AGI d'OpenAI et Microsoft : retour sur son histoire et sa disparition
Pendant des années, l'accord Microsoft-OpenAI contenait une clause stipulant que les droits commerciaux de Microsoft s'annuleraient si l'AGI était atteinte. Cette clause vient de disparaître.

Traduit et résumé par IA à partir de l'article de Simon Willison ↗ · Comment Fellow travaille
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La relation entre Microsoft et OpenAI repose depuis 2019 sur un accord de partenariat structurant, dans lequel Microsoft s'engageait à financer massivement le développement des technologies OpenAI en échange de droits commerciaux exclusifs sur celles-ci. Dès l'annonce initiale du partenariat, en juillet 2019, OpenAI introduisait une distinction explicite entre ses technologies "pre-AGI" — susceptibles d'être licenciées à Microsoft — et une AGI pleinement réalisée, qui aurait échappé à ce cadre commercial. La formulation était directe : Microsoft devenait le partenaire privilégié pour commercialiser les technologies pré-AGI, avec la sous-entendue que l'atteinte de l'AGI représentait une ligne de démarcation contractuelle.
Le problème posé par cette clause tenait d'abord à sa définition opérationnelle. La charte fondatrice d'OpenAI, publiée en avril 2018 et restée stable depuis, définit l'AGI comme des "systèmes hautement autonomes surpassant les humains dans la plupart des tâches économiquement valorisées". Une formulation philosophiquement lisible, mais juridiquement problématique : comment objectiver le seuil à partir duquel un système "surpasse" les humains dans "la plupart" des tâches concernées ? Cette ambiguïté ouvrait la voie à des interprétations divergentes entre les deux parties, avec des enjeux financiers et stratégiques considérables à la clé.
En décembre 2024, des documents internes rapportés par The Information révélaient que les deux organisations avaient tenté de rendre ce seuil mesurable en termes financiers : l'AGI serait déclarée atteinte lorsque les systèmes d'OpenAI seraient capables de générer environ 100 milliards de dollars de profits — soit le plafond de rendement auquel les premiers investisseurs, dont Microsoft, avaient droit. La définition de l'AGI devenait ainsi indexée sur la rentabilité cumulée de l'entreprise, transformant un concept technologique et philosophique en seuil comptable. Cette reformulation, pour pragmatique qu'elle soit, illustrait la tension persistante entre la mission déclarée d'OpenAI — agir pour le bénéfice de l'humanité — et les contraintes contractuelles d'un partenariat commercial de grande ampleur.
En octobre 2025, le dispositif avait encore évolué : une annonce conjointe des deux entreprises indiquait que la déclaration d'AGI par OpenAI devrait désormais être vérifiée par un "panel d'experts indépendants", introduisant une procédure d'arbitrage externe. Dans le même temps, les droits de propriété intellectuelle de Microsoft sur les méthodes de recherche confidentielles étaient maintenus jusqu'à vérification de l'AGI par ce panel, ou jusqu'en 2030, la première des deux échéances prévalant. Puis en février 2026, une déclaration conjointe affirmait encore que "la définition contractuelle de l'AGI et le processus pour déterminer si elle a été atteinte restent inchangés."
Moins de deux mois plus tard, le 27 avril 2026, un nouveau communiqué sur la prochaine phase du partenariat a effacé toute référence à cette clause. Microsoft se voit accorder une licence sur la propriété intellectuelle d'OpenAI pour modèles et produits jusqu'en 2032, désormais non exclusive. Le partage de revenus versé par Microsoft à OpenAI est supprimé. Les paiements d'OpenAI vers Microsoft se poursuivent jusqu'en 2030, mais — détail central — "indépendamment des progrès technologiques d'OpenAI". Cette formulation constitue, selon l'analyse de Simon Willison et de plusieurs observateurs dont The Verge, la suppression de facto de la clause AGI : les obligations financières ne sont plus conditionnées à un quelconque seuil de capacité des systèmes.
La disparition de cette clause soulève plusieurs questions qui restent ouvertes. D'abord, celle de la motivation : la suppression intervient dans un contexte où OpenAI traverse une transformation structurelle majeure, abandonnant progressivement son modèle à but non lucratif pour adopter une structure capitalistique plus classique. La clause AGI, conçue initialement comme un mécanisme de protection de la mission d'intérêt général, pouvait représenter un obstacle à cette reconfiguration. Ensuite, la question de la gouvernance : si aucune définition opérationnelle de l'AGI ne conditionne plus les droits commerciaux, le concept perd sa portée contractuelle, même s'il reste central dans le discours public d'OpenAI. Enfin, l'épisode met en lumière la difficulté structurelle à intégrer des notions aussi fondamentalement floues que l'AGI dans des cadres juridiques contraignants — un problème que l'industrie dans son ensemble n'a pas encore résolu.
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